DES CENTAINES DE MILLIERS D'ÉTUDIANT-E-S SORTENT DANS LES RUES ET INVITENT LES TRAVAILLEURS-EUSES À Y PARTICIPER!
Ce 18 mai, après 3 mois de grève étudiante combattive contre l’augmentation des frais d’inscription, le gouvernement du Québec a instauré la loi 78, une loi autoritaire destinée à casser le mouvement d’opposition. La loi oblige les organisateurs de manifestations à informer la police de l’itinéraire et des moyens de transports utilisés pour toute manifestation de plus de 50 personnes. La police peut alors changer l’emplacement et l’itinéraire de la manifestation. La loi 78 interdit les piquets et actions dans les universités et 50 mètres aux abords de celles-ci. Ceux qui ne respectent pas cette loi risquent une amende de 1000 à 5000 dollars, de 7000 à 35000 pour les organisateurs et entre 25000 et 125000 par jour pour les associations étudiantes !
Cette loi spéciale n’a pas arrêté les étudiants de manifester. Devant une telle atteinte aux droits démocratiques, les manifestants sont devenus encore plus radicalisés. Une manifestation d’ampleur contre la Loi 78 a eu lieu à Montréal. L’association étudiante CLASSE continue à organiser la grève. CLASSE et Québec Solidaire appellent à désobéir à cette loi.
Le 22 mai, des centaines de milliers d’étudiants ont manifesté contre l’augmentation des frais et contre la Loi 78. La manifestation a duré des heures et s’est poursuivie par des manifestations nocturnes. Sur le passage de la manif, les habitants sur leurs balcons frappaient en rythme sur des casseroles en scandant des slogans, comme ils le font chaque nuit depuis que la loi est passée.
Dans le même temps, dans plusieurs villes du Canada anglophone, aux États-Unis et à Paris, des manifestations de soutien ont eu lieu. « Un accroissement du pouvoir de la police et de l’État n’importe où est une attaque contre nous partout dans le monde », déclarait le communiqué de presse de l’action qui a eu lieu à New York.
En soirée, 103 personnes ont été arrêtées et 6 blessées pendant la manifestation nocturne du 22 mai. Après une enquête pour trouver les organisateurs, d’autres condamnations en vertu de la loi 78 auront lieu. Depuis 30 jours, les étudiants ont organisé des manifestations nocturnes. Depuis le 23 mai, celles-ci sont interdites par la Loi 78. Ce soir-là , 475 personnes avaient été arrêtées à Montréal et 170 à Québec.
"Grève sociale"
Les manifestations ont impliqué de larges couches de la société, au-delà des étudiants. Beaucoup ont commencé à manifester avec les étudiants parce qu’ils étaient révoltés par la loi anti-démocratique. Beaucoup appellent d'ailleurs à « une grève sociale qui impliquerait non seulement les étudiants, mais aussi les travailleurs et tous ceux qui sont « contre les politiques de coupures et de marchandisation des services sociaux et de nos droits collectifs ».
En plus d’essayer d’augmenter les frais de scolarité, le gouvernement du Québec est sur le point d’implanter une nouvelle « taxe santé ». Les contributions santé ont déjà augment de 25 dollars en 2012 à 200 dollars en 2012 ! Les loyers et les factures d’électricité augmentent également, mais pas les salaires. Dans plusieurs entreprises telles que Rio Tinto Alcan, Air Canada, MABE ou Electrolux, les travailleurs luttent contre les licenciements et les fermetures. Les cheminots de la Canadian Pacific Railways luttent pour leurs retraites et sont entrés dans une grève de 72 heures que le gouvernement fédéral de Harper essaie d’interdire… par une loi spéciale!
Le soutien au mouvement étudiant augmente. Les mesures d’austérité frappent durement la classe ouvrière et les jeunes du Québec. Les travailleurs pourraient rejoindre la grève étudiante et étendre ses revendications afin de s’opposer à toutes les politiques d’austérité et aux fermetures d’entreprises.
La Loi 78 stipule aussi que les cours sont suspendus jusqu’en août, pour tenter de briser la grève (puisque de toute façon les universités sont fermées). Mais le comité de grève étudiant va voter une grève générale illimitée en automne. Cependant, pour que le mouvement réussisse, les étudiants ont besoin du soutien des travailleurs, qui ont le pouvoir de bloquer l’économie. Le gouvernement est très inquiet du mouvement des étudiants parce qu’il a peur qu’il ne s’étende aux travailleurs.
Le mouvement étudiant appelle les travailleurs à discuter sur leurs lieux de travail de soutenir les actions des étudiants et des les rejoindre en manifestation. Pour l’instant, ils proposent que les travailleurs utilisent les congés ou les congés-maladie pour rejoindre les manif mais pas encore de se mettre en grève pour de bon.
Ce mouvement combattif a donné aux Québécois une opportunité de luttes et de s’organiser collectivement. Cette expérience mènera à de nouvelles luttes contre l’austérité et la dictature des marchés.
Alternative Socialiste défend l’idée d’une grève générale de 24 unifiant étudiants et travailleurs contre l’austérité, pour une éducation totalement gratuite à tous niveaux et pour des emplois décents contre le chômage des jeunes. Les luttes sociales doivent s’unir contre la politique capitaliste qui fait payer la crise des patrons aux jeunes et aux travailleurs !
Tiphaine de Gauche Révolutionnaire(CIO en France)